lundi 2 janvier 2012

Trini cooking

Alors qu'en ce moment tout le monde a du mal à se remettre du foie gras, de la dinde, de la bûche, sans parler du champagne qui a coûlé à flôt, il me vient l'envie, à contre-courant (ha ha), de présenter les plats qui ont fait notre plaisir à Trinidad. Quelle idée!

Et pourtant il va de soi que la cuisine locale existe, qu'elle est haute en couleur (et en saveur), et que ce serait vraiment dommage de la passer sous silence.

Ici tout commence le matin non pas par un café/croissant (introuvables), ni même par un English breakfast (réservé aux gens qui ont le temps et ne se sont pas vraiment adaptés à la gastronomie trinidadienne), mais par des "doubles" achetés à un marchand de rue (ils sont légions en ville ou le long des routes). Il s'agit d'une sorte de sandwich de "pain" local (bara) garni de pois chiches (chick peas) recouverts de toutes sortes de condiments aigre-doux (chutneys) et surtout de sauce pimentée forte (pepper sauce). Dès le matin, ça met en forme! Et puis personne en dehors des habitués n'a jamais pu (ou rarement) s'y risquer sans en faire couler sur son Tshirt ou au mieux sur ses sandales...



C'est ainsi qu'avant-hier j'ai préféré goûter un (ou une?) "sahina", sorte de beignet (fritter) aux branches de dachine (tubercule brun foncé dont la forme et la taille rappellent le céleri rave). C'est surprenant le matin mais finalement très bon surtout après avoir fait quelques kilomètres en voiture et attendu 10 heures du matin pour tenter l'expérience.




Ce genre de petit déjeuner permet souvent d'attendre le début de soirée et le dîner! Mais les plats qui suivent peuvent bien entendu se consommer au déjeuner. Et on ne peut pas passer par Trinidad sans y goûter.

Sur la côte nord de Trinidad, en arrivant sur la plage de Maracas (une des plus belles, des plus grandes et des plus populaires de l'île) fleurissent les étals proposant "Bake 'n' Shark" : traduction rapide sandwich au requin! Le poisson n'est pas partout du requin, il est recouvert de toutes sortes de crudités (tomate, concombre, poivron, salade) et bien sûr de sauces et condiment plus ou moins relevés, au choix. L'ensemble se révèle, comme pour les "doubles", assez difficile à manger sans débordements...



Oui, oui, j'ai essayé aussi, mais en trichant un peu, avec une assiette...




Autre grande spécialité des Caraïbes (pas seulement de Trini) à l'étiquette trompeuse, le "roti" (sans accent circonflexe, bien sûr) : à l'intérieur d'une sorte de crêpe soigneusement repliée et fermée, on trouvera un curry de poulet, de boeuf, de poisson. Ce n'est pas particulièrement léger, mais c'est très bon. C'est surtout bien meilleur qu'un Big Mac!!




Ces plats servent souvent de repas à eux tout seul. Comme dans beaucoup de pays influencés par les anglo-saxons, pas de hors d'oeuvres au quotidien (de la soupe éventuellement, mais sous ces climats...), les légumes font partie du plat ou se réduisent à des salades, le fromage n'existe que parce que les Anglais et les Néo-Zélandais ont des surplus de Cheddar à exporter mais il ne se mangera pas vraiment au repas, quant au dessert, là encore on trouvera des glaces (les meilleures sont les sorbets à la noix de coco faits maison), des gâteaux (au chocolat, à la noix de coco, à la banane, ...) et surtout, pour nous (car les gens du pays ont des coutumes fort différentes des nôtres et en mangent rarement à la fin du repas), une profusion de fruits qui sont les bienvenus après ces plats épicés : mangues, bananes, fruits de la passion, ananas, caramboles ("star fruit" car une fois coupé en rondelles celles-ci ont la forme d'une étoile), quénettes (inexportables), corossol aussi appelé "soursop" et goyaves (meilleurs en jus), pastèques, papayes (qu'on peut aussi manger en hors d'ouvre, comme le melon, mais avec quelques gouttes de citron vert), etc...
Encore faim? Non! C'est bon de terminer sur une note de fraîcheur.

jeudi 29 décembre 2011

Un jour aux courses

Evidemment, ça n'était pas la peine de venir si loin, et en bateau, pour aller aux courses...
Mais quand, pour des raisons diverses et variées (comme le réglage du mât, la réparation du dingy, la vidange du moteur, l'attente d'une "fenêtre météo" hypothétique pour remonter vers Grenade en évitant de naviguer avec un fort vent de face et une houle croisée qui rendent la traversée inconfortable), on se retrouve à Trinidad le jour de Boxing Day (tradition britannique d'échange de cadeaux, rien à voir avec la boxe!!), les courses de chevaux, c'est incontournable.

Première remarque de celle qui n'y connaît rien : il fait beau et le paysage est superbe avec, en toile de fond, la chaîne montagneuse qui borde la côte nord de Trinidad.



A l'évidence, les prix sont nombreux (et là, on ne voit pas les chèques!) et les courses seront âprement disputées.



Quant aux chevaux, il ne s'agit pas de canassons de seconde zône, mais de vrais chevaux de courses, fins, nerveux, magnifiques, et ils sont présentés au public dans les règles de l'art.



Et le public, il est là, en masse, une foule colorée et enthousiaste qui à chaque arrivée se lève en hurlant et s'approche au plus près pour encourager son favori.



N'ayant ni jumelles, ni télé-objectif, je suis les choses de loin... Mais nous nous laissons finalement prendre par la fièvre du jeu : c'est un plaisir qui ici ne coûte pas cher, la mise minimum est de 2 dollars Trinidadiens (environ 2 centimes d'euro!)



Allez, notre cheval a gagné! Et même si nous n'avons pas fait fortune étant donné la mise initiale, ce qui compte, c'est de gagner! Ce fut une belle journée.

lundi 26 décembre 2011

Merry Christmas you all!

Il est peu de pays où Noël passe inaperçu car même ceux (nombreux) dont la religion n'a rien à voir avec la quelconque naissance d'un sauveur un 25 décembre ont adopté avec empressement la tradition familiale (ou commerciale) des décorations et des cadeaux. Les capitales du monde entier (ou presque) rivalisent d'illuminations en tout genre.
Ici, à Trinidad, c'est sur le plan individuel (mis à part les centres commerciaux) que s'est développé l'art de la décoration. La communauté indienne, forte de sa tradition Bollywoodienne, s'en donne à coeur joie... Je regrette de n'être pas passée de nuit dans ce quartier, mais même de jour, ça vaut son pesant de noix de coco!!









Et on remarquera que, pour rester politiquement correct, cet heureux propriétaire a opté pour un Père Noël blanc et un Père Noël noir.
Après tout, ce qui compte, c'est qu'il apporte des cadeaux, alors, s'ils sont deux... c'est encore mieux!

mercredi 21 décembre 2011

Manager's Cocktail Party

La soirée commence par un de ces couchers de soleil qui donnerait envie de rester aux Caraïbes... Cela semble de bon augure car c'est la "soirée de la direction", en bref un buffet offert par les dirigeants de la marina aux bons clients (nombreux) qui restent quelques semaines, voire quelques mois pour certains...



Les soirées sont longues ici car le soleil se couche vers 18h (c'est vrai qu'il se lèvera vers 5 h 30, donc ce n'est pas une punition, ni de ces nuits d'hiver qui chez nous n'en finissent pas...)
Cependant, de nuit, et quand, comme moi, on n'est pas un photographe émérite, la piscine a son charme, on peut certes s'y baigner, mais elle n'est pas aussi éblouissante que dans la journée.



De toute façon, les invités n'ont d'yeux que pour le buffet à tel point que j'arrive un peu tard, les petites friandises locales ont disparu...



Seul reste, pour notre plus grand plaisir, le joueur de "steel pan", instrument éminemment caraïbe qui rythme les tièdes soirées d'hiver.



Je vous épargne les photos de navigateurs béats qui savourent le rhum punch et le charme de l'escale!
Dans quelques jours maintenants, dès que les "vents de Noël" auront fini de souffler fort, il faudra être prêts pour reprendre la mer.

mercredi 14 décembre 2011

Jean qui rit et Jean qui pleure...

Ca y est, je l'ai eu mon "coucher de soleil qui tue"!
C'était avant-hier : mâts des bateaux, cocotiers, soleil couchant se reflétant dans l'eau... vraiment, on ne s'en lasse pas.



Et quelques minutes plus tard, les couleurs changent encore et c'est peut-être plus beau, si c'est possible... Oui, c'est possible!



Le lendemain, punition : une des plus grosses averses que nous ayons eues! Même lieu, moins glamour, mais, maigre consolation, il fait toujours 30°C.



Nous avons encore quelques jours pour trouver la "fenêtre" météo (vent, mer, ciel qui nous soient cléments...), quelques jours encore pour profiter de la piscine, des jardins, des îles environnantes, des amis.

lundi 12 décembre 2011

Sortie d'eau

Le bateau étant resté à l'eau pendant que nous étions à Paris, il faut à présent songer à débarrasser la coque des coquillages (plus nombreux à proliférer dans les eaux chaudes) et à refaire l'antifouling (censé la protéger efficacement) pour les navigations à venir. La grande aventure de la sortie d'eau va donc commencer, en face de la marina, sur un chantier doté d'un travelift assez gros et qui marche...


On ne peut pas dire que l'opération passionne ce pélican qui en a vu d'autres!



Un nettoyage au karcher et deux couches d'antifouling plus loin, voici Mary James prête à repartir (et nous un peu fatigués). On a hâte de se retrouver à l'eau!



Le beau temps préside à la remise à l'eau, c'est tout de même mieux que la pluie (encore fréquente en ce "début de saison") et certainement de bon augure.



De retour à la marina, ce modeste coucher de soleil au moment de l'apéritif (bien mérité) nous comble d'aise. Encore quelques détails (dont surtout l'arrivée d'une saison sèche plus franche) et nous allons pouvoir partir "pour de bon".



mardi 6 décembre 2011

Un coup pour rien...

De bon matin, 7 h 30, grand soleil, il fait déjà chaud, ça y est, on part! Pas loin, d'accord, mais on sort de la marina et, faute de vent, on part au moteur vers le TTSA (Trinidad and Tobago Sailing Association). But de la manoeuvre : pas tant prendre l'air qu'aller gruter le bateau, le sortir de l'eau et faire l'antifouling.


On dit sans regret bye bye à Chaguaramas, on sait qu'on y revient ce soir même, au pire demain matin. Vu de loin, c'est une impressionnante forêt de mâts! Tout le monde tout ou tard passe par Chaguaramas.


D'impressionnantes cavernes font immanquablement penser aux trésors des pirates de notre enfance, mais pas question de s'arrêter, nous avons un objectif et du travail devant nous.



Au loin, les buildings de Port of Spain dans la brume de chaleur...



Hélas... Arrivés au TTSA, la grue est en panne. Pas de prévision de reprise des activités... Il manque une pièce... Nous sommes aux Caraïbes.
Pas de problème, le grutage est remis à demain, dans un autre chantier, mais on ne regrette pas la ballade matinale
Sur le chemin du retour, on croise l'île de Carrera, une ancienne prison paraît-il... On s'y laisserait volontiers enfermer : calme et repos assurés. Mais le soleil tape, on rentre, on se mettra au travail demain.