lundi 7 octobre 2013

Fogo : la Maison Coloniale

La Maison Coloniale, ça se mérite… D'abord, il faut que l'avion pour Fogo parte… ensuite, il faut connaître.
La petite capitale de cette île-volcan s'appelle Sao Filipe (6000 habitants, quand même). Elle pourrait revendiquer le titre de plus jolie ville du Cap Vert avec ses rues pavées menant à de petites places décorées de massifs de fleurs. Les anciennes demeures de maîtres qui hébergeaient les colons portugais sont disséminées un peu partout dans l'archipel mais ici, même si beaucoup sont à l'abandon, elles forment l'ensemble architectural le plus homogène. Les "sobrados" sont bâties sur 2 étages avec des galeries extérieures en bois et une fois restaurées, elles sont vastes, confortables et agréablement aérées. La Maison Coloniale, devenue maison d'hôtes, en est un parfait exemple.














Les chambres ont gardé le cachet d'antan et les salles de bains qui ont été faites pour le confort des visiteurs en sont parfois à quelques mètres pour respecter le plan des lieux et valent à elles seules le déplacement tant elles font penser au théâtre des Bouffes du Nord… grandeur et dépouillement… beauté et décrépitude…

















Notre chambre donnait sur une petite piscine qui, certes n'existait pas à l'époque, mais ne défigure pas les lieux. Et puis, c'était si agréable!









Et si cette maison survit dans les meilleures conditions et avec autant de charme pour les résidents, c'est grâce à Aniltan qui veille à tout, au mobilier d'époque comme à la propreté de la piscine et à la tenue des chambre, le tout avec gentillesse et efficacité.









C'est une belle adresse au Cap Vert qui donne envie de rester en ces lieux hors du temps…

samedi 5 octobre 2013

Humberto


Si les cyclones qui frappent la Caraïbe naissent au Cap Vert, ils sont censés à ce stade n'être que virtuels. En 1982 cependant, il y a 31 ans, le cyclone Berryl malmène l'île de Brava. Eh bien en 2013, le cyclone Humberto, au lieu de partir vaillamment à travers l'Océan Atlantique, circule à 180 km des côtes des îles du Sud, puis remonte jusqu'à Santiago où nous avons la chance de nous trouver...






Ce n'est pas tous les jours qu'ont voit les effets d'une tempête tropicale sur les îles du Cap Vert! Pluies diluviennes, vents violents, mer très agitée, et moyens dérisoires pour parer aux effets dévastateurs : avions et ferries annulés, communications bloquées, eaux polluées...
A tel point que les murets ne résistent pas, que les fossés ne peuvent pas canaliser les eaux qui vont grossissant, que les routes se retrouvent donc rapidement traversées par de véritables cours d'eau charriant terre et blocs de pierre arrachés aux collines… Des moments où on aimerait avoir été prévenus comme aux Antilles afin de rester tranquillement chez soi… ou dans une confortable chambre d'hôtel.





Nous avons donc pris la route sans savoir vraiment ce qui nous attendait... La photo prise d'une des fenêtres de l'hôtel aurait dû nous alerter... 










Les gens du pays essaient tant bien que mal de dégager la route des plus gros cailloux sous de véritables rideaux de pluie...








... Jusqu'à ce qu'un arbre déraciné nous coupe la route... Un camion est déjà arrêté, le "taxi brousse" qui nous précède doit reculer et renoncer, il est trop haut de quelques centimètres. Nous nous présentons alors avec notre petit 4x4, des hommes coupent quelques branches à la machette... et nous poursuivons notre route.





Nous finirons par parcourir les 75 km qui séparent Tarrafal de Praia en plus de 3 heures pour arriver malgré tout à temps à l'aéroport et apprendre que, bien sûr, le vol pour Fogo était annulé!
J'adore les vacances pleines d'aventures et j'ai été servie!

jeudi 3 octobre 2013

Le pénitencier de Chao Bom

Il est des endroits en vacances qu'on aimerait oublier... Les tour-operators se gardent bien d'ailleurs d'y organiser des "excursions"... Mais il ne faut pas se cacher la réalité d'un pays.
C'est ainsi que j'ai visité le camp de concentration de Tarrafal.




Ce pénitencier fut édifié en 1936 pour recevoir des prisonniers de droit commun et des prisonniers politiques, une distinction quelque peu floue pour le dictateur portugais Salazar.

Durant 20 ans, 200 opposants au régime seront soumis à des conditions de détention peu enviable. Le site est peu accueillant et les Portugais y ont commis impunément les pires atrocités sur leurs prisonniers.




















En 1956, le pénitencier change de statut, les "politiques" seront désormais transférés en Angola… Mais les guerres coloniales d'indépendance vont envoyer de nouveaux opposants sur l'île de Santiago.
Ce n'est qu'en 1974 que le pénitencier sera définitivement fermé.

Les quelqes souvenirs qu'il abrite sont à la fois sinistres et émouvant, le cadre impressionnant. Nous sommes loin de l'illusion des lieux de vacances, mais proches de la réalité de la population.

Ceci ne m'empêchera pas de terminer sur une note plus gaie. Une fois loin du camp, nous retrouvons tout le charme de la végétation tropicale. Il ne s'agit pas d'oublier mais de continuer à avancer pour que cela ne se reproduise pas. Sans doute est-ce le soleil et le décor qui me rendent optimiste...






mardi 1 octobre 2013

Santiago : côte Est / côte Ouest


Les surprises sont nombreuses lorsqu'on décide de se balader seul avec son véhicule sur les routes de Santiago (et de nombreuses îles du Cap Vert) : la plupart de ces routes sont pavées, de tout petits pavés ajustés pour faire une chaussée qui parfois est détériorée et souvent inconfortable. Ce pavage est un souvenir de la colonisation portugaise...




Nous commençons donc par la côte Est, moins protégée peut-être... Des roches sombres, volcaniques, qui ne sont pas sans rappeler les côtes déchiquetées de la Bretagne nord...




De temps à autre une improbable baie offre au navigateur un peu de calme...




et les pêcheurs font usage de ces havres pour y tirer leurs barques à terre.




A l'intérieur des terres restent aussi quelques vestiges de l'occupant portugais, telle cette modeste chapelle aux couleurs vives au milieu de nulle part.




Côté faune, pas de surprises inoubliables (surtout après les singes de Tarrafal) : des animaux domestiques (ici un beau spécimen porcin) - ânes, chèvres, volailles, etc... Il faut qu'ils sachent se contenter de peu pour se nourrir.




Là, un petit "martin-chasseur" qui vit dans les zônes boisées et se nourrit autant d'insectes que de petits poissons et qui, lorsqu'il veut bien s'envoler pour la photo, déploie de superbes ailes bleu vif (ce qu'il a bien entendu refusé de faire devant mon objectif...)




En passant sur la côte Ouest, les paysages ne s'adoucissent pas vraiment : pitons volcaniques et cultures sur les versants humides.




Les paysages sont parfois vraiment impressionnants...




Les pêcheurs tirent toujours leurs barques sur les galets...




et l'habitat est pour le moins très dispersé..




mais aux abords du moindre bourg, ce qui frappe c'est une espèce de frénésie de constructions anarchiques et toujours (ou presque) non terminées : les taxes ne sont pas les même selon que la maison est en voie de construction ou finie, alors le choix est vite fait. Par ailleurs nombreux sont les Capverdiens qui reviennent au pays avec des projets ambitieux après avoir vécu et travaillé à l'étranger mais qu'ils ne pourront pas toujours mener à leur terme. Alors l'impression est curieuse devant ces innombrables maisons "en construction" dont les rez-de-chaussée sont souvent murés...







Le nom "pays en voie de développement" prend tout son sens. Combien de temps cela prendra-t-il dans le contexte économique actuel?

dimanche 29 septembre 2013

Les îles du Cap Vert : Santiago

L'heure est enfin venue de s'évader à nouveau... Cette fois nous sommes en vol pour les îles du Cap Vert et je ne peux m'empêcher de tenter ce coucher de soleil par le hublot de l'avion...
Destination Praia, la capitale de cet archipel d'une dizaine d'îles situé à un peu plus de 500 km des côtes du Sénégal. Il n'y a que 4 heures d'avion depuis Lisbonne mais il s'agit bien d'une destination exotique au climat tropical comme je les aime.
Partis à 19h de Paris, nous arrivons vers minuit, bien sûr, à Praia (heure de Paris - 3).




L'accueil à la Demeure Criola est fort sympathique (malgré l'heure tardive, un pot de bienvenue nous attend) mais nous ne réaliserons qu'au petit déjeuner que nous sommes dans "une autre dimension" (jus de fleurs d'hisbiscus et pancake caramélisé à la banane, cinq-épices et basilic). Seule la théière est aux couleurs de Shakespeare (une attention des propriétaires).




Et nous voici partis pour une visite expresse de la ville qui commence par le marché de Sucupa devant lequel des dizaines de "taxis-brousse" (appelés ici "aluguers") stationnent, nous rappelant nos escapades africaines. Praia est d'ailleurs surnommée "la petite Dakar".




Après avoir vu (bien trop vite) les rues piétonnes et les petites places de cette mini-capitale à la fois paisible et industrieuse, nous jetons un coup d'oeil sur la mer avec une seule envie, aller chercher notre 4x4 de location et partir vers notre première destination balnéaire, Tarrafal.







Et défilent devant nos yeux des paysages verdoyants d'une grandeur sauvage, hérissés de pics volcaniques et creusés de profonds canyons recouverts d'une végétation luxuriante.







Mais avant d'arriver au village de pêcheurs de Tarrafal, le paysage change et devient plus aride, les bords de mer étant soumis à des vents qui balayent les nuages vers les sommets environnants.







C'est après 2 heures de bonne route (pour faire 75 km, car elle est extrêmement accidentée et à chaque virage on est tenté de s'arrêter pour faire la photo du nouveau panorama qui s'offre) que nous rejoignons notre hâvre de paix, un petit hôtel local donnant sur la plage.




Il paraît qu'au bout de la plage vit une colonie de singes grivets à demi sauvages (ils vivent en liberté mais la proximité de la plage et de touristes potentiels les fait venir voir s'il n'y a pas quelque chose à manger...). Bien sûr, je ne résiste pas, et au bout de quelques instants ils viennent, une dizaine d'individus, y compris une mère avec son petit. c'est tout juste s'ils ne posent pas pour la photo!







Comble de chance, le coucher de soleil ne manque pas de charme sur cette plage bordée de cocotiers... Mais, ça, c'est la carte postale...




Le lendemain matin vers 6 heures (on est ici revenu à des journées de 12 heures environ, 6 h - 18 h), les pêcheurs sont déjà tous sur la plage et s'affairent...




Dans leurs barques de bois aux couleurs vives, ils rejoignent des bateaux à peine plus gros, restés au mouillage, et partent pour leur journée de pêche.




Sur la place du village, les "aluguers" tout aussi colorés (et portant des noms étonnants, de grandes marques européennes de vêtements et de maroquinerie pour la plupart!) emmènent les gens vers les zônes de culture ou en conduisent à leur travail "en ville".




Chaque lopin de terre est exploité le plus souvent à la main, les murets de pierres retiennent la terre arable sur les fortes pentes des massifs volcaniques. Hommes, femmes, enfants, tous sont mis à contribution et c'est souvent sur les routes qu'on croise des groupes de gens, houe à la main (voire sur la tête, et ça, c'est plus compliqué!).