vendredi 6 janvier 2012

Encore un petit tour...

Il ne sera pas dit, avant de quitter Trinidad, que nous n'aurons pas visité les endroits les plus difficiles d'accès. La pointe nord-est de l'île est à l'écart des sentiers battus, il faut traverser toute l'île en voiture, et en bateau, c'est plus difficile encore d'y accéder : vents et courants contraires, pas d'abri, houle par le travers, on hésite... Et pourtant c'est beau, c'est sauvage et encore préservé. C'est un refuge pour les tortues luth (leatherback turtles) qui viennent pondre la nuit en été sur ces rivages peu fréquentés.



Les estuaires de petites rivières servent de refuge aux pêcheurs locaux.



Les plages sont immaculées mais les vagues y déferlent. Heureusement, c'est trop loin pour les surfeurs, trop agité pour y mouiller et personne n'a songé à y installer le moindre parasol!



Si on remonte ne serait-ce que de quelques mètres la rivière, on se trouve vite dans un paysage de forêt tropicale...



Les habitants par endroit ramassent le bois mort et les branches rejetées par la mer pour que les tortues puissent trouver, après leur longue course, un lieu de ponte favorable.



Quel dommage qu'il faille quitter l'île avant la saison de la ponte, mais il faudrait attendre au moins 5 mois... Peut-être en croiserons-nous sur d'autres îles, plus tard?

mercredi 4 janvier 2012

Avant-première


Eh oui, on a beau être aux Caraïbes coupés du reste du monde, on en reste pas moins cinéphile et quand par extraordinaire sort autre chose qu'un stupide film d'action, on se précipite!!
J'avais comme tout un chacun entendu parler du roman Millenium auquel j'avais jusqu'à ce jour refusé de m'intéresser. Mais voici qu'une amie américaine m'offre le premier tome The Girl with the Dragon Tattoo. Si cela ne s'était pas passé en Suède, je n'aurais pas attaqué les 800 pages du livre, mais le décor était attirant. Et puis les personnages aussi - pas de policiers, pas de crime (au début en tout cas), un journaliste d'investigation flanqué d'une étonnante et attachante assistante... Larsson traite de délits financiers et de machisme (doux euphémisme). Tiens, tiens, décidément, même un best-seller peut avoir quelque intérêt.
Et pour une fois, le film de David Fincher (Seven, Fight Club, The Social Network, ...) sort à Trinidad avant de sortir sur les écrans parisiens!! Alors je ne me suis pas privée. Je n'ai pas vu le film suédois sorti il y a quelques années mais celui-ci est assez réussi : les acteurs principaux sont convaincants (surtout l'assistante du journaliste), il y a quelques différences entre le roman et le film mais ce dernier reste fidèle à l'esprit, c'est bien ficelé et la musique accompagne efficacement l'ensemble (ne surtout pas sortir avant le générique de fin, moins percutant que celui du début, mais j'aime la dernière chanson)
Enfin, je n'en dirai pas plus pour ne pas gâcher le plaisir de ceux qui iraient voir le film.

mardi 3 janvier 2012

Mosaïque

En guise de transition entre mes digressions culinaires et les prochains paysages de nos dernières balades à Trinidad, voici quelques instantanés, au hasard, de la vie quotidienne.

Et d'abord le marché de Port of Spain : un grand marché couvert qui déborde, bien sûr, de part et d'autre sur les voies d'accès (tous les petits producteurs locaux de fruits et légumes) - choix et prix bas garantis.



Au long des routes, des boutiques minuscules offrent toutes sortes de produits de fabrications artisanales, ici des flacons de "chutneys" (ces fameux condiments aigre-doux souvent très épicés) pour tous les goûts (mangues, concombres, noix de coco, tamarin,...)



Et au détour du chemin, l'influence indienne apparaît, en architecture comme en cuisine, dans la vie spirituelle comme dans celle de tous les jours. C'est un des aspects les plus fascinants de Trinidad pour moi qui reste une inconditinnelle de l'Inde.



Et au bout de la route, enfin, d'une route, ce petit village de pêcheurs dont quelques terrasses (parfois ouvertes aux visiteurs pour déguster la pêche du jour) s'ouvre sur la plage où les barques sont tirées à l'ombre d'arbres majestueux.



Trinidad, c'est aussi tout ça, c'est pour ça qu'on aime et qu'on a du mal à repartir...

lundi 2 janvier 2012

Trini cooking

Alors qu'en ce moment tout le monde a du mal à se remettre du foie gras, de la dinde, de la bûche, sans parler du champagne qui a coûlé à flôt, il me vient l'envie, à contre-courant (ha ha), de présenter les plats qui ont fait notre plaisir à Trinidad. Quelle idée!

Et pourtant il va de soi que la cuisine locale existe, qu'elle est haute en couleur (et en saveur), et que ce serait vraiment dommage de la passer sous silence.

Ici tout commence le matin non pas par un café/croissant (introuvables), ni même par un English breakfast (réservé aux gens qui ont le temps et ne se sont pas vraiment adaptés à la gastronomie trinidadienne), mais par des "doubles" achetés à un marchand de rue (ils sont légions en ville ou le long des routes). Il s'agit d'une sorte de sandwich de "pain" local (bara) garni de pois chiches (chick peas) recouverts de toutes sortes de condiments aigre-doux (chutneys) et surtout de sauce pimentée forte (pepper sauce). Dès le matin, ça met en forme! Et puis personne en dehors des habitués n'a jamais pu (ou rarement) s'y risquer sans en faire couler sur son Tshirt ou au mieux sur ses sandales...



C'est ainsi qu'avant-hier j'ai préféré goûter un (ou une?) "sahina", sorte de beignet (fritter) aux branches de dachine (tubercule brun foncé dont la forme et la taille rappellent le céleri rave). C'est surprenant le matin mais finalement très bon surtout après avoir fait quelques kilomètres en voiture et attendu 10 heures du matin pour tenter l'expérience.




Ce genre de petit déjeuner permet souvent d'attendre le début de soirée et le dîner! Mais les plats qui suivent peuvent bien entendu se consommer au déjeuner. Et on ne peut pas passer par Trinidad sans y goûter.

Sur la côte nord de Trinidad, en arrivant sur la plage de Maracas (une des plus belles, des plus grandes et des plus populaires de l'île) fleurissent les étals proposant "Bake 'n' Shark" : traduction rapide sandwich au requin! Le poisson n'est pas partout du requin, il est recouvert de toutes sortes de crudités (tomate, concombre, poivron, salade) et bien sûr de sauces et condiment plus ou moins relevés, au choix. L'ensemble se révèle, comme pour les "doubles", assez difficile à manger sans débordements...



Oui, oui, j'ai essayé aussi, mais en trichant un peu, avec une assiette...




Autre grande spécialité des Caraïbes (pas seulement de Trini) à l'étiquette trompeuse, le "roti" (sans accent circonflexe, bien sûr) : à l'intérieur d'une sorte de crêpe soigneusement repliée et fermée, on trouvera un curry de poulet, de boeuf, de poisson. Ce n'est pas particulièrement léger, mais c'est très bon. C'est surtout bien meilleur qu'un Big Mac!!




Ces plats servent souvent de repas à eux tout seul. Comme dans beaucoup de pays influencés par les anglo-saxons, pas de hors d'oeuvres au quotidien (de la soupe éventuellement, mais sous ces climats...), les légumes font partie du plat ou se réduisent à des salades, le fromage n'existe que parce que les Anglais et les Néo-Zélandais ont des surplus de Cheddar à exporter mais il ne se mangera pas vraiment au repas, quant au dessert, là encore on trouvera des glaces (les meilleures sont les sorbets à la noix de coco faits maison), des gâteaux (au chocolat, à la noix de coco, à la banane, ...) et surtout, pour nous (car les gens du pays ont des coutumes fort différentes des nôtres et en mangent rarement à la fin du repas), une profusion de fruits qui sont les bienvenus après ces plats épicés : mangues, bananes, fruits de la passion, ananas, caramboles ("star fruit" car une fois coupé en rondelles celles-ci ont la forme d'une étoile), quénettes (inexportables), corossol aussi appelé "soursop" et goyaves (meilleurs en jus), pastèques, papayes (qu'on peut aussi manger en hors d'ouvre, comme le melon, mais avec quelques gouttes de citron vert), etc...
Encore faim? Non! C'est bon de terminer sur une note de fraîcheur.

jeudi 29 décembre 2011

Un jour aux courses

Evidemment, ça n'était pas la peine de venir si loin, et en bateau, pour aller aux courses...
Mais quand, pour des raisons diverses et variées (comme le réglage du mât, la réparation du dingy, la vidange du moteur, l'attente d'une "fenêtre météo" hypothétique pour remonter vers Grenade en évitant de naviguer avec un fort vent de face et une houle croisée qui rendent la traversée inconfortable), on se retrouve à Trinidad le jour de Boxing Day (tradition britannique d'échange de cadeaux, rien à voir avec la boxe!!), les courses de chevaux, c'est incontournable.

Première remarque de celle qui n'y connaît rien : il fait beau et le paysage est superbe avec, en toile de fond, la chaîne montagneuse qui borde la côte nord de Trinidad.



A l'évidence, les prix sont nombreux (et là, on ne voit pas les chèques!) et les courses seront âprement disputées.



Quant aux chevaux, il ne s'agit pas de canassons de seconde zône, mais de vrais chevaux de courses, fins, nerveux, magnifiques, et ils sont présentés au public dans les règles de l'art.



Et le public, il est là, en masse, une foule colorée et enthousiaste qui à chaque arrivée se lève en hurlant et s'approche au plus près pour encourager son favori.



N'ayant ni jumelles, ni télé-objectif, je suis les choses de loin... Mais nous nous laissons finalement prendre par la fièvre du jeu : c'est un plaisir qui ici ne coûte pas cher, la mise minimum est de 2 dollars Trinidadiens (environ 2 centimes d'euro!)



Allez, notre cheval a gagné! Et même si nous n'avons pas fait fortune étant donné la mise initiale, ce qui compte, c'est de gagner! Ce fut une belle journée.

lundi 26 décembre 2011

Merry Christmas you all!

Il est peu de pays où Noël passe inaperçu car même ceux (nombreux) dont la religion n'a rien à voir avec la quelconque naissance d'un sauveur un 25 décembre ont adopté avec empressement la tradition familiale (ou commerciale) des décorations et des cadeaux. Les capitales du monde entier (ou presque) rivalisent d'illuminations en tout genre.
Ici, à Trinidad, c'est sur le plan individuel (mis à part les centres commerciaux) que s'est développé l'art de la décoration. La communauté indienne, forte de sa tradition Bollywoodienne, s'en donne à coeur joie... Je regrette de n'être pas passée de nuit dans ce quartier, mais même de jour, ça vaut son pesant de noix de coco!!









Et on remarquera que, pour rester politiquement correct, cet heureux propriétaire a opté pour un Père Noël blanc et un Père Noël noir.
Après tout, ce qui compte, c'est qu'il apporte des cadeaux, alors, s'ils sont deux... c'est encore mieux!

mercredi 21 décembre 2011

Manager's Cocktail Party

La soirée commence par un de ces couchers de soleil qui donnerait envie de rester aux Caraïbes... Cela semble de bon augure car c'est la "soirée de la direction", en bref un buffet offert par les dirigeants de la marina aux bons clients (nombreux) qui restent quelques semaines, voire quelques mois pour certains...



Les soirées sont longues ici car le soleil se couche vers 18h (c'est vrai qu'il se lèvera vers 5 h 30, donc ce n'est pas une punition, ni de ces nuits d'hiver qui chez nous n'en finissent pas...)
Cependant, de nuit, et quand, comme moi, on n'est pas un photographe émérite, la piscine a son charme, on peut certes s'y baigner, mais elle n'est pas aussi éblouissante que dans la journée.



De toute façon, les invités n'ont d'yeux que pour le buffet à tel point que j'arrive un peu tard, les petites friandises locales ont disparu...



Seul reste, pour notre plus grand plaisir, le joueur de "steel pan", instrument éminemment caraïbe qui rythme les tièdes soirées d'hiver.



Je vous épargne les photos de navigateurs béats qui savourent le rhum punch et le charme de l'escale!
Dans quelques jours maintenants, dès que les "vents de Noël" auront fini de souffler fort, il faudra être prêts pour reprendre la mer.