dimanche 22 juillet 2012

El parador

L'Espagne a, entre autres qualités, celle d'avoir conservé, entretenu, transformé en hôtels de grand confort nombre de couvents, monastères, châteaux qui permettent d'entrevoir, au lieu de se contenter d'imaginer, ce que nos professeurs d'histoire tentaient de nous raconter... Je vous épargnerai les récits qui s'attachent à cette place forte qui fut conquise et re-conquise des dizaines de fois par les Catholiques, les Maures, les Portugais, les Anglais, etc...  J'ai juste apprécié la beauté du site, consciente de la chance que j'avais de pouvoir en profiter.

Dès la lourde porte et la cour d'entrée on sent  le côté magique du lieu.










Premier désir facile à exaucer : monter sur les murailles pour prendre non pas du recul mais de la hauteur. On n'est pas déçu! On se croirait dans un film...







Vue imprenable sur le pont par lequel l'ennemi arriverait nécessairement. Un peu facile, certes, mais efficace.




Les intérieurs valent les extérieurs. Que choisir, salons ou jardins?




Nous opterons pour les jardins : on peut y boire un verre à l'ombre dans ce cadre magnifique. Nous y attendrons même le coucher du soleil qui fut, comme le reste, exceptionnel.



samedi 21 juillet 2012

Ciudad Rodrigo

Traverser la Castille par 40 degrés à l'ombre, c'est beau mais cela demande un véhicule climatisé et quelques pauses réhydratatoires! Bref, entre champs d'oliviers et champs d'éoliennes (la version moderne des moulins à vent contre lesquels Don Quichotte se battait) l'autoroute se déroule imperturbablement et (presque) gratuitement. J'avais oublié qu'il pouvait exister un ciel si bleu!






C'est alors qu'à un peu plus de 300 kms au sud de Burgos, juste avant la frontière avec le Portugal, se dresse la petite ville fortifiée de Ciudad Rodrigo.




On entre dans la ville par une des portes qui, en leur temps, furent bien gardées mais de nos jours laissent le touriste un peu curieux découvrir des merveilles. Les murailles furent, paraît-il, construites au XIIème siècle!




Au détour de chaque ruelle se trouvent des maisons, souvent modestes, d'autres, plus imposantes, des églises - le regard est à chaque instant sollicité. Et, comme dans toute ville espagnole, les commerces ferment de midi à 5 heures, on a la rue pour soi tout seul.




Cependant, en débouchant sur la "Plazza Mayor" dominée par un superbe hôtel de ville du XVIème siècle, on voit qu'une terrasse de café fort avenante suggère une pause bienvenue.




Et ce soir, nous dormirons dans le chateau bâti par Henri II de Castille au XIVème siècle et transformé en "parador".



jeudi 19 juillet 2012

Burgos

Première étape après le pays basque espagnol, voici Burgos, ville superbe et agréable à ne manquer sous aucun prétexte.

Premier rappel historico-littéraire : Burgos, c'est la ville du Cid. Non, non, pas la pièce de Corneille, mais le personnage Rodrigo Diaz de Vivar (1043-1099) dont Corneille s'inspira pour écrire sa pièce bien plus tard. Il demeure intéressant de savoir que les restes de Rodrigue et de Chimène sont, paraît-il, dans la cathédrale de Santa Maria. Peu importe, c'est l'idée qui compte...





Mais Burgos est aussi connue comme une étape incontournable sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle. N'étant pas vraiment spécialiste de la question, je me contenterai d'admirer l'architecture de l'arche de Santa Maria et de l'emprunter pour découvrir celle, grandiose de la cathédrale du même nom.




Le grand soleil et le ciel pur ne sont pas pour rien dans le plaisir de cette découverte.




Seulement voilà, il fait très chaud au soleil et on recherche la fraîcheur de quelques arbres et jardins : el Paseo del Espolón offre à la fois l'ombre et l'agréable perspective du théâtre vers lequel il mène. C'est un endroit enchanteur...




... et le kiosque à musique qu'on trouve à mi-chemin est si charmant!




D'autres merveilles nous attendent : rues piétonnes, passages couverts, fontaines, innombrables terrasses de café où l'on se sentira bien jusque très tard le soir.




La ville est également traversée par une rivière dont les berges sont verdoyantes et aménagées en jardins sur des centaines de mètres. Là se retrouvent les habitants pour bavarder et se reposer en fin d'après-midi.
Il faudrait aussi parler du bâtiment très moderne remarquable du musée de l'Evolution, et de tant d'autres choses...
Mais nous partons sans regret, sûrs de revenir bientôt.

mardi 17 juillet 2012

¡Viva España!

Assez de la grisaille parisienne, de la pluie, du froid, cap sur l'Espagne! 
Quelques 800 kilomètres plus loin, nous voici dans le pays basque espagnol. Déjà il fait meilleur, le ciel est plus lumineux et les noms à eux seuls dépaysent : le village s'appelle Oiartzun et l'hôtel Gurutzeberri!


















Dès l'entrée, on se sent assez loin de chez soi. L'accueil est excellent en dépit de la sévérité du lion de garde...












Mais ce n'est rien à côté de ce qui nous attend dans le hall (lobby)!!! Nos amis basques n'ont rien à envier aux décors de Bollywood. Ce qu'on peut être frileux à Paris...



Sur le parking du restaurant voisin, nous sommes rattrapés par de dignes représentants des anges de la route / de l'enfer (Hell's Angels) - qu'importe, le voyage s'annonce excellent!



Le lendemain matin, effectivement, le temps est superbe, le ciel bleu comme on ne l'a pas vu depuis très longtemps, les paysages grandioses.



Etapes à venir : Burgos, Ciudad Rodrigo - traverser l'Espagne en faisant escale non pas dans chaque port mais dans des lieux qui eux aussi font rêver.

dimanche 15 juillet 2012

The only exception


Comme chacun sait et nous n'y reviendrons pas, depuis mon retour (début avril), il fait un temps pourri à Paris...
Hier cependant pour ce 14 juillet que certains fêtent avec révérence, il n'a pas plu, enfin pas à 23 heures, début d'un spectacle pyrotechnique superbe.
Je ne reviendrai pas sur la situation privilégiée de ma mini-terrasse ni sur la médiocre qualité de mes photos (je vais commencer à prendre des cours dès que possible...) mais voici ce qu'on a pu voir :




Pas un feu d'artifice, mais deux voire trois...







Et quand la Tour Eiffel s'est mise à clignoter, tout le monde a applaudi!




Tandis que Madonna essayait d'affirmer : "La seule reine, c'est moi!" et que ses rivales souriaient  avec condescendance (en supposant qu'elles connaissent le mot...), je repensais à la citation de Jack Kerouac (malmené par Walter Salles) :
“The only people for me are the mad ones, the ones who are mad to live, mad to talk, mad to be saved, desirous of everything at the same time, the ones who never yawn or say a commonplace thing, but burn, burn, burn, like fabulous yellow roman candles exploding like spiders across the stars and in the middle you see the blue centerlight pop and everybody goes 'Awww!'”

lundi 25 juin 2012

Séraphine Louis (1864-1942) au Musée Maillol

L'avantage à Paris, quand il ne fait pas beau, c'est qu'on a de quoi se distraire. Heureusement d'ailleurs,  car ce printemps, aux dires de tous, et ce n'est donc pas médisance de ma part, a été bien pourri.
Et il y en a pour tous les goûts, qu'il s'agisse d'une découverte ou d'une re-découverte.

Il y a eu à Paris fin 2008, tandis que je goûtais aux charmes de la Caraïbe, une exposition au musée Maillol sur Séraphine Louis (dite de Senlis).  L'ayant donc ratée à l'époque et voyant sur l'Officiel que des toiles y étaient à nouveau exposées, je me précipite. Erreur tactique si l'on peut dire : je découvre que ladite exposition ne comprend qu'une demi-douzaine de toiles présentées au 2ème étage, tout le rez-de-chaussée et le premier étage étant occupés par d'autres expos. Et il faut payer le prix fort, par de billet séparé pour l'une ou l'autre des expos. Il n'y a pas de petit profit. A l'inverse, dans la boutique, pas une monographie, pas une carte postale sur l'oeuvre de Séraphine, juste une petite affiche . Bon, tant pis.





Même s'il n'y a que peu de toiles, elles sont magnifiques : une abondance qui remplit l'espace pictural de fleurs, de feuilles, de fruits colorés, lumineux, une profusion qui fascine.








Et pour la petite histoire, un remarquable film a été fait par Martin Provost en 2008 qui retrace l'histoire peu commune de cette femme de ménage visionnaire (merveilleusement interprétée par Yolande Moreau)



mercredi 13 juin 2012

Les Maîtres du Désordre

Quand il ne fait pas beau à Paris, on ne peut pas se dire, "ce n'est rien, ça va se lever". Il est des jours où on sent bien que ça ne va pas se lever, le ciel est plombé, on a le moral dans les chaussettes, on en vient à se demander si la Tour Eiffel ne va pas finir par rouiller... Et nous ne sommes plus qu'à une semaine de l'été...




Ayant décidé de ne pas me laisser démoraliser par ce temps maussade, je pars à la découverte du musée du quai Branly : bâtiment moderne et impersonnel mais superbes jardins. Ah, comme ce serait agréable qu'il fasse beau! Mais n'insistons pas.




Le musée abrite depuis plus d'un mois une exposition au titre prometteur : "Les Maîtres du Désordre".




Mais qui sont-ils, ces "maîtres du désordre"? Les chamanes et autres intercesseurs  chargés de négocier avec les forces du chaos prêtes à détruire à tout moment le fragile équilibre de nos sociétés depuis toujours. Nombreuses sont les traditions qui mettent en scène partout dans le monde (de l'Egypte ancienne aux nombreuses tribus africaines, indiennes - mais ce ne sont pas les seules - en passant par les carnavals et autres manifestations expiatoires) l'éternel combat de l'ordre et du désordre. Toutes ont leur place dans cette fascinante exposition.






Les thèmes abordés sont accompagnés par les oeuvres d'artistes contemporains. Leur présence illustre le lien qui existe entre ces multiples traditions et nous.




Et si es dieux nous entendaient et en parlaient au soleil... peut-être déciderait-il de revenir briller sur Paris?