mardi 22 janvier 2013

Lisbonne janvier 2013 (3)

Encore une fois, nous allons passer des ruelles dites typiques aux grandes avenues que peu de gens empruntent lorsqu'ils visitent Lisbonne. Ils ont tort car elles font plus partie de la vie lisboète que les ruelles et escaliers, et presqu'autant que les rives du Tage quand il fait beau. En fait il s'agit de quartiers bien différents (après et avant le tremblement de terre de 1755)







Mais même dans les quartiers "modernes" de standing, comme on dit, il est d'étranges bâtiments, sans doute rachetés par des banques pour être réhabilités dont la conjoncture actuelle a fait un extraordinaire terrain de jeu pour les "street artists" et c'est étonnant!




Plus loin, paysage urbain classique, bien sûr, que le ciel bleu et les palmiers viennent agréablement rehausser. Mais, on (enfin, je) ne s'en (m'en) lasse pas...




Lors de cette quatrième visite à Lisbonne, il me restait encore quelques musées  à visiter, dont un, la Casa du Dr Gonçalves  est déjà en soit un immeuble intéressant classé au patrimoine national. Cet ophtalmologiste et médecin personnel du célèbre collectionneur Callouste Gulbenkian y a réuni des collections de porcelaine chinoise, du mobilier de diverses époques et des peintures, majoritairement d'artistes portugais. Un bel endroit où le personnel est charmant et vous fait partager son amour du lieu.









Et voici la salle principale, avec mezzanine, dans laquelle sont exposées la plupart des toiles.



Dois-je dire que voici une de nos préférées?... Ah, nostalgie, quand tu nous tient!



vendredi 18 janvier 2013

Lisbonne insolite

Nous avons découvert à Lisbonne des endroits inattendus, c'est le moins qu'on puisse dire.

Cherchant un petit restaurant pas cher dans le quartier ultra-touristique de la Baixa-Chiado, il existe, au début d'une rue semblable à des dizaines d'autres, une sorte de cantine (elle porte d'ailleurs le nom de Cantina das Freiras) où on sert un menu du jour à environ 8 € par personne boisson (bière ou verre de vin) comprise. Ca déjà, ce n'est pas courant, mais après avoir trouvé la rue (Travessa do Ferragial), une autre surprise nous attend. Sans hésiter, on franchit une porte que rien ne signale  par un quelconque panneau,  on monte un escalier très ordinaire, et là, libre-service (plateau, etc). Rien de particulier si ce n'est l'amabilité du personnel.










Mais cette petite cantine possède une minuscule terrasse à couper le souffle! Inutile de dire qu'il faut s'y présenter tôt pour avoir une table dehors. Ce fut notre cas et nous ne l'avons pas regretté.







Mais ce n'était là qu'un hors d'oeuvre; nous avons déjà visité quantité de musées, mais le Musée d'Art Contemporain était situé à proximité et nous avons fait le détour. Là encore, de l'extérieur, rien de visible si ce n'est un mur en béton. Pour la belle saison , retenons qu'il y a une charmante et paisible cafétéria.




L'intérieur est beaucoup plus étonnant et mélange avec succès "vieilles pierres" et art moderne. Nous découvrons hélas en arrivant que la collection permanente n'est pas accessible au public mais une exposition temporaire retint notre attention.










Le mélange des styles est une réussite, l'exposition intéressante, que demander de plus?








Deux nouvelles adresses à Lisbonne à retenir, le cas échéant.

jeudi 17 janvier 2013

Libonne janvier 2013 (2)

Il est un endroit à Lisbonne que peu de touristes visitent mais que nous ne pouvions pas manquer : le musée de la marine!
Superbe collection de toutes sortes d'embarcations : cela fait un moment que les Portugais explorent les océans... Je n'ai pas choisi de commencer par les grandes caravelles (nous avons eu la chance d'en voir quelques-unes naviguer l'été denier) mais plutôt par des bateaux de pêche tels qu'on en voyait encore il n'y a pas si longtemps.




Des barques de pêche comme celle-ci (grandeur nature), on en voit encore beaucoup le long des côtes. Il s'agit de pêche artisanale, nous sommes loin des chalutiers industriels...




Non, non, qu'on se rassure, je n'ai pas subitement développé un goût immodéré pour l'armée portugaise, mais ce délicieux petit sous-marin porte le nom de Narval et d'aucuns savent à quel point cet animal m'est cher!!!!




Revenons aux choses sérieuses. et à la reconstitution des intérieurs du yacht Amelia (du nom de la Reine Amélie, épouse de Charles I) construit en 1900, sans doute un des premiers yachts à vapeur. Ca fait toujours rêver...







Dernière partie de la visite, qui n'est pas chronologique (il y a parfois des questions logistiques qui priment) : les barque royales (on reste toujours dans la royauté, mais là c'était presque des galères, enfin pour le petit personnel). Elles sont magnifiques de restauration et de conservation.







Et comme souvent à Lisbonne, on peut se remettre de ses émotions dans un joli jardin et là encore, le temps était ensoleillé et doux.



mardi 15 janvier 2013

Lisbonne janvier 2013 (I)

Entre la France et le Portugal, il y a bien sûr la chaîne pyrénéenne et voilà que je reviens de Finlande pour aller réchauffer mes vieux os au soleil lorsque par le hublot j'aperçois la neige... Brrr... enfin, on semble tout de même aller vers le soleil.




Premier passage obligé en arrivant à Lisbonne : les rives de Tage (on croirait la mer, d'ailleurs, elle n'est pas loin). Et la Doca de Belem que j'ai déjà prise des dizaines de fois en photo, je ne m'en lasse pas.  La promesse de voyage, etc..




Mon bateau, lui, est sur le chantier, il attend bien au sec des jours meilleurs, plus chauds surtout, pour repartir vers des lieux peut-être moins exotiques que les Caraïbes mais pas moins plaisants. En mer, le spectacle reste superbe et nous allons commencer à préparer notre croisière estivale. Cela nous permettra d'oublier la grisaille parisienne.




Nous avons de la chance, il fait doux (environ 18° au soleil) et les Lisboètes ne s'y trompent pas qui prennent leur déjeuner ou leur café au soleil.




Là, je me laisse même aller à des friandises estivales. C'est bon!




Dans les jardins tous les arbres n'ont pas perdu leurs feuilles, on se croirait presqu'en été. Lisbonne est vraiment une ville agréable, mêle en ce début janvier.



samedi 12 janvier 2013

Et pendant ce temps-là...

... il y en a qui naviguent, les veinards!!

Quelle ne fut pas la surprise de nos amis américains restés à Trinidad de voir arriver il y a quelques jours cet incroyable 5 mâts appelé Royal Clipper et battant pavillon maltais (...) Le bateau fait 137 mètres de long et 16 mètres de large, un peu plus que la longueur de mon bateau. Mais finalement il ne va qu'à 6 noeuds de moyenne (c'est à plus de 7 noeuds de moyenne que notre valeureux équipage a traversé l'Atlantique, dans des conditions peut-être un peu moins confortables mais qu'importe, les chiffres sont là).



Enfin, comme tout le monde, il vient caréner à Trinidad, c'est plutôt drôle (et moins cher qu'ailleurs, mais ont-ils tant besoin que ça de faire des économies?) En fait dans toute la Caraïbe, c'est sans doute le seul endroit où on peut sortir de l'eau un tel bateau. Comme je suis mauvaise langue!




Passons à autre chose. Pas grand monde ne pense encore à eux, et pourtant les concurrents du Vendée Globe (cette course autour du monde en solitaire, sans assistance et sans escale sur des monocoques de 16 mètres de long [tout juste 4 mètres de plus que le mien, au milieu de l'océan, ce n'est pas énorme...]) naviguent, dans des conditions souvent difficiles et là, François Gabart, en tête pour l'instant, a eu la possibilité de nous offrir ce superbe coucher de soleil. Certes il s'agit là pour moi de "concurrence déloyale" mais il ne se livre pas à l'exercice dans les mêmes conditions que celles dans lesquelles je le faisais. Bravo François!




La photo faite par Armel Le Cléac'h, deuxième mais déjà 224 milles derrière le premier, donne une idée de la mer (quand elle est "belle"). Et là non plus, on ne lui en veut pas si la perfection technique n'est pas au rendez-vous. Mais on l'envie quand même.




Bonne route à eux tous. Ils naviguent depuis plus de 63 jours. A l'arrivée, ils auront fait environ 25000 milles nautiques (près de 45000 km). C'est un exploit, pour chacun d'entre eux.

dimanche 6 janvier 2013

Sugar Man

Sans doute, comme certains d'entre vous, peu nombreux, j'avais entendu cette chanson attachante d'un certain Sixto Rodriguez appelée Sugar Man : 
Mais l'aventure de ce rocker inconnu des années 70, c'est avant tout l'aventure d'un metteur en scène suédois Malik Bendjelloul qui a fini par trouver les fonds pour faire cet étonnant documentaire : genre peu prisé du "grand public", sujet risqué, mais lorsque j'y suis allée, la salle était pleine! Pas difficile quand on sait que le film n'est projeté que dans 2 salles à Paris, mais quand même.







Né le 10/07/1942 à Détroit (USA) d'une famille pauvre d'immigrés mexicains, les deux premiers (et seuls) albums de Rodriguez (1967 à 1972) passent inaperçus dans un pays où Bob Dylan déplace des foules. Et moi qui suis grande fan de l'un n'en admire pas moins l'autre. Ils n'ont pas suivi la même voie mais celle qu'a suivi Rodriguez est revigorante. C'est non seulement un chanteur engagé mais aussi un homme admirable. Ses albums sont un échec au point qu’on raconte qu’il se serait suicidé sur scène...









Plus personne n’entendit donc parler de Rodriguez. Sauf en Afrique du Sud où, sans qu’il le sache, ses disques devinrent un symbole de la lutte contre l’Apartheid. Ignorant le succès qu'il eut quelques années plus tard loin de son pays, en Afrique du Sud, il reprit son travail manuel de restaurateur de maisons. Il vit d'ailleurs dans la même maison depuis 40 ans. De l'argent, à ce jour, il en a gagné peu et il donne ce qu'il a à sa famille, à ses amis… Qui dit mieux?






Des années plus tard, deux fans du Cap partent à la recherche de “Sugar Man”. Ce qu’ils découvrent est une histoire faite de surprises, d’émotions et d’inspiration. C'est cela que Bendjelloul raconte, avec de très belles images, des interviews grinçantes ou émouvantes. Quelle histoire! Une de celles, peu nombreuses, qui valait la peine d'être racontée.
Mais comme je l'ai dit, ce film ne passe que dans 2 salles à Paris, et pour combien de temps?

mercredi 2 janvier 2013

Il n'y a pas de neige à Paris...


Ca y nous avons quitté le "paradis blanc" et retrouvé un Paris que j'ai trouvé bien gris , mais soyons brave, il fait beau ce matin, c'est la nouvelle année et je souhaite à tous beaucoup de rêves, de coups de coeurs et de petits plaisirs quotidiens!

Moi, bien sûr, mon premier "travail" a été de retourner au cinéma. J'y ai vu des choses très différentes que j'ai toutes aimées.

Tout d'abord, L'homme qui rit, adaptation du sublime roman de Victor Hugo.




L'auteur nous propose une version un peu "atrophiée" du roman. La grande absente, c'est la mer, celle qui occupe tout le livre II, de la pointe de Portland en Angleterre à Alderney (une de ces îles anglo-normandes qu'il connaissait si bien). Mais à part cela et quelques autres détails, l'adaptation est assez fidèle.
La musique originale ne m'a pas plu, sauf lorsqu'enfin dans les dernières scènes, J.P. Améris choisit la musique d'Arvö Part pour accompagner superbement l'émotion qui fait de ce roman de Hugo, entre autres choses, une des plus belles histoires d'amour de la littérature.
Depardieu joue à merveille son rôle, il reste en retrait (ce qui n'est pas facile pour lui), n'en fait pas trop, il est très juste, ce qui prouve, au cas où on l'aurait oublié, que c'est un grand comédien.
Si je ne suis pas sortie enthousiasmée (il manquait au film un peu du souffle, du romantisme noir, de l'ampleur hugoliens), j'ai tout de même passé un bon moment de cinéma.
La lecture du roman ne fera en aucun cas double emploi et apportera tous les éléments manquants. A recommander vivement à ceux à qui les "classiques", fussent-ils baroques et flamboyants, ne font pas peur.



Ensuite, L'odyssée de Pi. Vous pensez bien, un tigre et un adolescent indien réunis sur un canot de sauvetage pendant plus d'une heure, là, la mer, j'allais la voir!





Ang Lee livre un surprenant conte initiatique, sensible et torturé, dans lequel le mini-étalage philosophico-religieux (hindouisme, catholicisme, bouddhisme) n'est pas ce qu'il y a de plus réussi (les explications de la voix off sont, à cet égard, parfaitement superflues) L'introduction est un peu longue mais on l'oublie vite quand on entre dans le vif du sujet. Dès lors les prouesses techniques images virtuelles incroyablement réalistes) ramènent aux émerveillements primitifs la mer, les animaux) et on reste quasi-hypnotisés par la beauté des images.
Les niveaux du récit sont multiples, de celui que Pi adulte raconte à un jeune écrivain canadien en mal d'inspiration à celui que Pi adolescent raconte aux enquêteurs de la compagnie d'assurance japonaise du cargo qui a fait naufrage et dont il est le seul rescapé, enfin avec quelques animaux (genre arche de Pi dans une version plus cruelle que celle de Noé).
Ca ne m'a pas semblé un film pour enfants, c'est trop long, trop compliqué et les animaux ont leur comportement naturel (ils peuvent être féroces, ne parlent pas et n'ont pas d'états d'âme). Je ne suis pas sûre que la seule beauté visuelle suffise aux chers bambins auxquels certains pensent le film destiné en ces périodes de vacances.



"Last but not least", comme on dit chez les anglophones, le film tiré du roman éponyme mais finement retraduit en français "Le monde de Charlie"...



En dépit du contexte si particulier des "high shools" américaines qui, pour être répétitif en devient agaçant, ce film est un touchant témoignage sur l'adolescence, sur les relations entre les jeunes et la différence. Les acteurs Emma Watson (Sam), Ezra Miller (Patrick, déjà très remarqué dans We must talk about Kevin ) et enfin Logan Lerman incarnant un Charlie perturbé et introverti, sont remarquables.
La bande-son est de qualité quoiqu'un peu décevante par rapport aux nombreuses chansons mentionnées dans le roman, il en va de même pour la relation entre le jeune Charlie et son professeur de français (et donc les nombreuses références littéraires) mais on ne peut pas dire que l'auteur du roman ait été trahi puisque c'est lui qui a adapté son livre (roman épistolaire que je n'ai jamais tenu pour une oeuvre impérissable mais que j'avais trouvé assez original) pour le cinéma.
La second partie surtout apporte de vraies émotions et dénote une réelle sensibilité que le générique de fin (David Bowie) couronne avec une élégance optimiste.


Bref, ce début d'année fut agréable et je suis bien contente qu'il n'y ait pas de neige à Paris : elle y devient si vite boueuse et sale...