mardi 28 mai 2013

Dali or not Dali, that is the question...

Il circule depuis un moment sur internet un curieux "diaporama" présentant, soit-disant, des oeuvres de Dali intitulé "Fascinant Dali"... L'ayant reçu quoique détestant ce genre d'intrusion dans ma boîte mail, j'ai regardé avec stupeur des toiles qui n'ont rien à voir avec l'oeuvre de Dali. 
Alors rétablissons la vérité :  rendons à Jim Warren et à Vladimir Kush ce qui leur est dû, sans dénaturer l'oeuvre immense et diverse de Dali.

Jim Warren (b. 1949) est un artiste autodidacte auteur de toiles qualifiées de "surrealistic fantasy", c'est à dire une sorte de "fantastique surréaliste"… En fait l'ensemble est tristement naïf et un peu criard, peuplé de dauphins, de chevaux (très réalistes), de sirènes, d'enfants et de femmes (qui ne sont pas Gala, la compagne de Dali, sa muse, son modèle). C'est une oeuvre qui dans son interprétation du mot surréaliste est terriblement académique, loin du génie baroque et inventif de Dali.



















Vladimir Kush né en Russie en 1965 (qui signe VK), dans la même veine, fait grand usage des fleurs et des papillons (des oeuvres qu'on a du mal à attribuer à l'imagination délirante de Dali tant elles sont, dans une certaine mesure, conventionnelles dans leur tentative de "surréalisme")





















Lorsqu'on tape sur internet "toute l'oeuvre de Dali", non seulement on trouve des oeuvres des deux peintres précédents mais on trouve même une toile d'Arcimboldo, célèbre peintre italien du début du XVIème siècle (passionnant) !!! Quel galimatias!






Je ne peux, une fois de plus, que mettre en garde ceux qui pensent trouver réponse à tout sur internet, sans effort et sans réflexion, toute information se doit d'être croisée et vérifiée avant d'être publiée et utilisée.

mercredi 15 mai 2013

Des goûts et des couleurs

Les retours à Paris sont toujours difficiles : on n'arrive pas à se faire à ce printemps froid et humide. Heureusement il reste encore et toujours le cinéma, et le choix est si vaste qu'il y en a pour tous les goûts (ou pour les gens aux goûts éclectiques).

Premier film, celui de Margarethe von Trotta (cinéaste remarquable - L'honneur perdu de Katharina Blum) sur une femme supérieurement intelligente, interprété par une excellente actrice (Barbara Sukova), que demander de mieux? Peut-être ne s'agit-il pas vraiment de "cinéma", il s'agit de nous faire réfléchir... Ca change de la téléréalité!!
Le sujet peut paraître austère mais nous y sommes souvent confrontés : la banalité du mal. Et l'on comprend alors, en images, que penser librement est l'un des plus beaux risques que puisse prendre l'être humain.




Je suis aussi allée voir le dernier film de Gus Van Sant, un de mes réalisateurs favoris. On est là dans la veine de Good Will Hunting et Harvey Milk, une veine différente de celle de Gerry, Elephant, Last Days. On retrouve cependant la patte de Van Sant dans ce "film social" (arrière-plan très soigné, détails, ralentis), très bien interprété par Matt Damon (entre autres), qui parle de l'exploitation des gaz de schiste, un sujet d'actualité dont on ne parle pas assez. Il s'agit  de montrer le vrai visage de l'Amérique avec ses grandes sociétés, leurs fourberies et escroqueries pour arriver à leurs fins sur le dos des pauvres. Une bande originale reprenant des "classiques" (Bruce Springsteen, Emmylou Harris) et des nouveautés superbes (Milk Carton Kids) accompagne l'ensemble. Simple mais efficace, modeste et émouvant.





J'ai enfin eu le plaisir de découvrir (avant les invités du festival de Cannes dont il fait l'ouverture ce soir) le film de l'Australien Baz Luhrman dont on sait qu'il est capable du meilleur comme du pire... Une adaptation du roman de Fitzgerald, un "remake" du film de 1974, sublime, avec Robert Redford et Mia Farrow, le pari était risqué et pendant la première partie du film (que j'ai pourtant refusé de voir en 3D), j'ai eu peur que les délires kitsch de Luhrman ne prennent le pas sur la sensibilité de l'analyse de Fitzgerald. Mais après cette introduction un peu racoleuse, débauche d'effets visuels et sonores, tout s'arrange, on s'attache aux personnages magistralement interprétés par Tobey Maguire (Nick) et Leonardo di Caprio (Gatsby), même si Daisy (Carey Mulligan) est un peu en retrait. Le réalisateur de Moulin Rouge prend des gants qu'il n'avait pas pris avec Shakespeare pour Roméo & Juliette. Bien sûr, l'ensemble est porté par une bande son géniale (Florence & The Machine, Lana Del Rey, The XX, Sia, etc...) Je n'ai pas été déçue.




Bon cinéma!